Cantai : enfin des guides-voix pour les choristes… mais à quel prix ?

© Thirdman

Il y a un problème dont on me parle tous les jours dès que l’on aborde le domaine du chant choral, notamment amateur : l’apprentissage des chants par des non lecteurs. Parce qu’une partition, même parfaitement écrite, ne chante pas toute seule.

Pour un choriste qui lit très bien la musique, ce n’est évidemment pas un problème majeur. Mais pour la très grande majorité de choristes amateurs, apprendre une nouvelle œuvre signifie déchiffrer sa partie, comprendre les rythmes, mémoriser les intervalles…, bref se dépatouiller avec ce qui ressemble souvent à du chinois et surtout réussir à entendre ce que l’on doit faire avec sa voix.

Pour un chef de chœur ou un choriste amateur, c’est un problème très concret et quotidien. D’ailleurs, peut-être que vous vivez vous-aussi cette situation.

Certains chefs ou choristes « ressources » enregistrent des fichiers d’apprentissage, des playbacks informatiques, souvent des mp3 de la banque de son par défaut de MuseScore. Avec tous les aléas que cela comporte : répondre aux choristes qui demandent « tu peux me refaire l’alto ? ». Et recommencer à chaque nouveau morceau… Mais c’est déjà mieux que rien !

La solution idéale : les guides-voix
Depuis longtemps, tout choriste sait que la meilleure solution pour apprendre une œuvre chorale c’est le guide-voix : une vidéo de la partition qui défile, avec la partie que l’on doit apprendre chantée par une vraie voix. On voit les notes, on entend la partie chantée avec les vraies paroles et on apprend par imitation et mémorisation. Ultra efficace pour un non lecteur. Le problème, évidemment, c’est qu’il faut les fabriquer. C’est là que Muse Group est arrivé avec Cantai.

Cantai : faire chanter automatiquement une partition
L’idée de Cantai est séduisante : vous écrivez ou ouvrez votre partition dans MuseScore Studio, vous indiquez les paroles, vous choisissez une voix… et Cantai chante la partition. Cantai analyse les notes, les paroles, le tempo et les indications musicales pour produire une interprétation chantée. Le logiciel utilise des modèles de synthèse vocale entraînés à partir de chanteurs professionnels ayant participé au projet (site officiel de Cantai).

Pour quelqu’un qui veut fabriquer des guides-voix, c’est exactement le genre d’outil que l’on attendait ; et quand ça fonctionne bien, le résultat peut être vraiment impressionnant. Certains utilisateurs parlent même d’un résultat « magique ». D’autres expliquent que Cantai leur permet effectivement de fabriquer leurs pistes de répétition de chœur (avis utilisateurs de Cantai sur MuseHub). Mais… Car oui, il y a un gros « mais » !

Cantai aujourd’hui : une technologie impressionnante… mais encore assez frustrante
En septembre 2026, Cantai est bien intégré à MuseScore Studio et le produit est commercialisé. La dernière version de MuseScore Studio est la 4.7.5, et Cantai est distribué par MuseHub. Cantai coûte actuellement 9,99 $ par mois ou 149 $ en licence perpétuelle (Cantai – tarifs et édition MuseScore Studio).

Sur le papier, tout semble donc réglé. Dans la pratique, les retours des utilisateurs récents sont beaucoup plus nuancés. Et c’est surtout la version 3.x de Cantai qui semble avoir créé beaucoup de frustration. Le problème qui revient le plus souvent est le temps de rendu. Des utilisateurs rapportent des temps de plusieurs minutes pour quelques mesures, et parfois plusieurs heures pour une pièce entière. Un utilisateur explique par exemple être passé de rendus de 5 à 10 minutes à plusieurs heures par partie vocale après une mise à jour. Un autre rapporte attendre 15 minutes pour seulement trois mesures à quatre voix.

D’autres rencontrent régulièrement le fameux « Check your connection » alors que leur connexion Internet fonctionne parfaitement. Ou encore : « Processing online sounds » qui reste affiché pendant de longues minutes avant d’échouer. Ce n’est pas seulement un ou deux témoignages isolés : les avis publiés fin août et en septembre 2026 contiennent de nombreuses plaintes de ce type (avis utilisateurs de Cantai sur MuseHub).

Parallèlement, soyons objectifs, certains utilisateurs trouvent justement le son remarquable. C’est probablement ce qui rend la situation particulièrement frustrante : quand Cantai fonctionne, il peut être vraiment excellent. Mais quand il ne fonctionne pas, on peut passer davantage de temps à attendre un rendu ou à résoudre un problème qu’à travailler sa partition.

Et il n’y a pas que la vitesse. Les utilisateurs signalent également des problèmes de justesse, de dynamique, de prononciation, d’équilibre entre les voix et l’accompagnement, de stabilité du rendu ou de comportement des voix après certaines mises à jour. Un avis récent signale par exemple des problèmes de prononciation avec certaines paroles et des dynamiques vocales difficiles à équilibrer avec un orchestre. D’autres signalent des voix qui deviennent trop fortes, des notes fausses ou des prononciations qui se dégradent après les mises à jour.

Il faut évidemment prendre ces avis pour ce qu’ils sont : des retours d’utilisateurs, pas une étude statistique de la fiabilité de Cantai. Mais force est de constater que leur nombre et leur récurrence montrent au minimum que l’expérience n’est pas encore parfaitement homogène.

Et puis il y a une question toute bête : dans quelle langue chante votre chœur ?
C’est peut-être, pour nous autres choristes francophones, l’un des problèmes les plus importants. La documentation actuelle de Cantai met officiellement en avant l’anglais et le latin, avec d’autres langues annoncées comme devant arriver (documentation et FAQ de Cantai). Pour un chœur qui chante principalement en anglais ou en latin, cela peut donc être intéressant. Pour un chœur français… et bien c’est râté.

C’est un point fondamental. Une intelligence artificielle capable de produire une voix très réaliste mais qui ne sait pas correctement prononcer le texte que nous chantons ne résout finalement qu’une partie du problème. Les retours utilisateurs le confirment : certains signalent déjà des difficultés avec le latin, et d’autres langues peuvent être tout simplement mal interprétées. Pour un guide-voix destiné à l’apprentissage, une mauvaise prononciation est loin d’être un détail. Le choriste va précisément apprendre ce qu’il entend. Tout pédagogue sait quelle est la valeur de l’exemple, on ne peut transiger sur ce point.

Une autre question : quel ordinateur faut-il pour faire fonctionner tout cela ?
C’est un autre aspect qui me gêne davantage. Pour fonctionner correctement, Cantai demande aujourd’hui une machine relativement récente. Sur Mac, il faut au minimum un Mac Apple Silicon M1 avec macOS 14, ou un Mac Intel compatible avec macOS 13.4. Les Mac Intel utilisent le processeur pour les rendus et sont donc plus lents. Sous Windows, Cantai demande Windows 10 20H2 ou plus récent et un processeur x86-64 (changelog technique de Cantai).

Et surtout, toutes les machines ne permettent pas le rendu local. Lorsque le rendu local n’est pas disponible, Cantai passe par le rendu en ligne. Et là apparaît une autre contrainte : 180 minutes de rendu en ligne par semaine, avec remise à zéro chaque lundi (Cantai – informations officielles). Cantai précise que les rendus locaux sont illimités sur les machines compatibles.

Mais voilà le paradoxe : on nous propose une solution qui doit nous permettre de produire facilement des guides-voix… Mais pour bénéficier pleinement de cette solution, il faut parfois posséder une machine suffisamment récente et suffisamment puissante. Cela pose une vraie question pour un logiciel destiné notamment aux musiciens amateurs. Est-ce vraiment un progrès si, demain, il faut changer d’ordinateur pour continuer à utiliser correctement son outil de musique ?

Et l’addition environnementale ?
Il y a aussi une question dont on parle encore peu : combien coûte énergétiquement cette facilité ? Je ne vais évidemment pas prétendre calculer l’empreinte carbone d’un guide-voix Cantai à partir de quelques chiffres généraux : nous ne disposons pas, à ma connaissance, de données publiques suffisamment précises permettant de dire qu’une minute de chant Cantai = X grammes de CO₂. En revanche, le problème général est réel.

Cantai utilise des technologies de machine learning, et lorsqu’un rendu doit être effectué en ligne, il faut des serveurs pour effectuer le calcul. Plus largement, l’Agence internationale de l’énergie estime que la consommation électrique des centres de données a fortement augmenté et que leur consommation mondiale pourrait approximativement doubler entre 2025 et 2030, pour atteindre autour de 950 TWh. Les centres de données consacrés à l’IA progressent encore plus rapidement (Agence internationale de l’énergie – Key Questions on Energy and AI).

Cela pose une question fondamentale, à mon sens : avons-nous vraiment besoin d’envoyer chaque petite répétition d’une partition sur des infrastructures de calcul spécialisées, pour produire un guide-voix destiné à apprendre une chanson de trois minutes ? Pouvons-nous nous payer le luxe d’utiliser tant de ressources naturelles de notre planète pour tenter de générer un objet d’apprentissage dont on a vu qu’il ne serait même pas parfait, voire même juste utilisable ? D’autant que l’alternative existe : produire les fichiers localement, avec des outils beaucoup plus simples et les conserver ensuite sur son ordinateur.

Alors, faut-il essayer Cantai ?
C’est à vous de voir. Chacun est libre. Pour être tout à fait transparent avec vous, personnellement, je ne l’ai pas essayé et je ne le ferai pas. Les raisons sont listées ci-dessus. Pour ma part, elles ne sont pas vraiment techniques, mais plutôt éthiques, pragmatiques voire philosophiques. C’est aussi pour cela que cet article comporte de nombreuses références aux sources utilisées, afin que chacun puisse se faire son propre avis.

Sachez tout de même que Cantai propose actuellement un essai gratuit (Essayer Cantai gratuitement). Le fonctionnement est limité à 30 secondes de rendu audio avant achat, ce qui permet au moins de vérifier le principe avec sa propre partition et ses propres paroles (FAQ Cantai).

Quant à moi, je vais continuer dans une autre direction
Parce que tout cela m’a amené à une réflexion assez simple. Le problème des choristes n’est pas de disposer d’une intelligence artificielle, c’est d’abord et surtout d’apprendre leurs chants. Cantai est une réponse possible à ce problème, mais ce n’est pas la seule. Et surtout, on peut fabriquer d’excellents guides-voix sans intelligence artificielle, sans abonnement, sans dépendre d’un serveur et sans avoir besoin de remplacer son ordinateur. C’est précisément ce que je suis en train de préparer, notamment à la demande d’une des plus grandes organisation de pratique musicale amateure en France.

Une prochaine formation consacrée aux guides-voix
L’objectif sera de vous montrer comment partir d’une partition et arriver à des supports d’apprentissage réellement utilisables par les choristes : la partition qui défile, la bonne partie mise en évidence, l’exemple audio dans la bonne langue, et tout ce qu’il faut pour travailler efficacement chez soi. Le tout sans Cantai, sans IA et sans attendre plusieurs minutes que le serveur veuille bien chanter trois mesures. Et surtout avec des outils que vous pourrez comprendre, maîtriser et conserver.

Parce que finalement, pour apprendre un chant, je ne suis pas certain que nous ayons besoin de demander à une intelligence artificielle de chanter à notre place. Nous avons surtout besoin de bons outils pour apprendre à chanter nous-mêmes, avec de l’authenticité et au passage de la sobriété environnementale.

Ceci est un extrait de la liste de diffusion hebdomadaire Hack(ing muse)Score. Chaque semaine j’envoie un message sur MuseScore et la notation musicale. Ne ratez pas le prochain !

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Formation smartphone et enseignement artistique

En octobre et novembre prochains, j’animerai en ligne une formation pour le compte du Cefedem Auvergne Rhône-Alpes, le centre de formation des enseignants de la musique, intitulée « Faciliter le quotidien de l’enseignant artistique mobile grâce au numérique ». C’est une formation destinée à exploiter le smartphone comme outil de travail dans son quotidien d’enseignant mais également en situations pédagogiques, avec la mise en place d’un environnement numérique de travail orienté smartphone.

Principalement, nous allons apprendre à numériser des documents, à les stocker les partager et exploiter sa bibliothèque de partition sur smartphone, tablette, ordinateur ou TBI, et à la synchroniser sur différents appareils. Nous apprendrons également comment produire des contenus audio ou vidéo, à les éditer, les stocker et les partager. Nous verrons aussi comment mettre à disposition des élèves des contenus écrits ou multimédia simplement, à partir d’un simple smartphone.

6 séances de deux heures en visioconférence sont prévues entre le 12 octobre et le 18 décembre. Actuellement il reste quelques places. Cette formation est accessible à tout musicien enseignant ou intervenant, quel que soit son lieu géographique puisqu’elle se déroule à distance. Voici le lien ci-dessous si toutefois certains d’entre vous seriez intéressé(e)s par cette formation :

https://drive.google.com/file/d/180m_hXxnUANjSJZHc2oj_Ufe4jasLZAt/view?usp=sharing

Je profite de cet aparté sur le smartphone pour rappeler qu’il existe bel et bien une application mobile intitulée « MuseScore Partitions & Accords » disponible pour Android et iOs. Celle-ci, éditée par Muse Group, ne permet pas de créer ou modifier une partition. C’est un lecteur de partition. Une prochaine vidéo détaillera son fonctionnement.

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C’est la rentrée

Au loin dans la brume, les Pyrénées… (oui je sais, ce n’est pas flagrant 😀 )

Il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir d’intervenir dans un conservatoire de musique auprès de l’équipe enseignante pour une formation à MuseScore, au pied des Pyrénées…

C’est toujours un moment que j’apprécie : prendre un peu de temps pour redécouvrir le logiciel, poser des questions, résoudre des petits problèmes qui traînent depuis des mois… et surtout repartir avec de nouvelles idées et savoir-faire pour l’utiliser dans sa pratique musicale.

Mais cette formation m’a aussi fait penser à une chose toute simple : tout le monde n’a pas la chance d’avoir un employeur qui organise une formation à MuseScore. Alors, comment fait-on quand on veut progresser ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe finalement beaucoup de façons de se former. On peut bien sûr apprendre en autodidacte, en tâtonnant, en cherchant, en expérimentant. On peut aussi utiliser les ressources officielles de MuseScore : manuel en ligne, forum, tutoriels « how to »…

Il existe également des livres, des chaînes YouTube et autres contenus réalisés par des utilisateurs, des groupes de discussion, mais aussi des stages, conférences ou ateliers en présence, des formations en ligne, des webinaires ou visioconférences, ou encore un accompagnement individuel, avec quelqu’un qui va travailler avec vous, à côté de vous ou à distance. Bref, les possibilités ne manquent pas !

Alors comment savoir ce qui est vraiment adapté à votre situation ? Comment vous y retrouver dans cette multitude de chemins vers la maîtrise de la notation musicale numérique ?

Parce que vos besoins ne sont pas forcément ceux de votre voisin… Vous avez peut-être peu de temps mais besoin d’une réponse rapide. Vous disposez peut-être de peu de moyens financiers. Vous préférez apprendre seul(e), ou plutôt dans un collectif, ou bien au contraire être accompagné(e) en tête à tête. Vous avez peut-être besoin de résoudre un problème très précis, ou alors de reprendre les bases…

Il serait donc assez illusoire de penser qu’il existe LA formation ultime, celle qui va résoudre tous les problèmes rapidement, sans effort et pour tout le monde. Au risque d’en décevoir certains, sachez qu’elle n’existe pas. Alors, comment faire le bon choix ?

La méthode S.E.R.G.E.
Puisque c’est une question que l’on me pose souvent, j’ai imaginé une petite méthode pour vous aider à y voir plus clair : la méthode S.E.R.G.E. J’en avais brièvement parlé dans cet article en 2024. L’idée est toute simple et elle fonctionne même quel que soit le domaine : lorsque vous envisagez une solution pour apprendre quelque chose dans MuseScore, posez-vous cinq questions.

S comme Sphère d’application
Est-ce une solution généraliste, ciblée ou au contraire très spécialisée ?

E comme Expertise
Le contenu est-il fiable ? Le niveau d’expertise est-il suffisant pour répondre à votre besoin ?

R comme Rapidité d’exécution
Quand allez-vous obtenir le résultat recherché : immédiatement, à court terme, à moyen terme… ou à plus long terme ?

G comme Gratuité
Combien cette solution va-t-elle vous coûter ? Et pas seulement en argent : votre temps aussi a une valeur.

E comme Efficacité
Est-ce que cette solution vous permettra réellement d’atteindre votre objectif ? Avec peu d’efforts ou au contraire avec beaucoup de temps et d’énergie ?

Ces cinq critères permettent de trouver la solution la plus adaptée à votre cas. D’ailleurs, cette méthode peut parfaitement s’appliquer à autre chose qu’à MuseScore ou même à la musique : chaque fois que vous cherchez à apprendre, à progresser ou à résoudre un problème, vous pouvez vous demander quelle solution correspond le mieux à vos contraintes et à votre objectif.

J’avais consacré une courte vidéo à cette méthode, si vous voulez découvrir tout ça plus en détail :
Voir la vidéo sur la méthode S.E.R.G.E.

Hier, au pied des Pyrénées, c’était aussi la rentrée pour les enseignants de ce conservatoire. C’est souvent en début d’année que l’on prend de bonnes résolutions ou que l’on cherche à monter en compétences pour la suite. Ce qui compte dans tout ça : c’est de pra-ti-quer régulièrement.

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La newsletter Hack(ing muse)Score a 10 ans

N’étant pas un grand adepte des dates symboliques je n’y avais pas prêté attention. Pourtant, c’est un fait que le calendrier a su me rappeler : nous sommes en 2026 et donc cette année cela fait bel et bien 10 ans que cette lettre d’information existe. Si la genèse de ce projet vous intéresse, la page À propos du blog hackingmusescore.org explique en détail comment en 2016 quelques mails envoyés à mes élèves et stagiaires vont devenir peu à peu une newsletter récurrente. À l’époque, jamais je n’aurais imaginé que 10 ans après, j’écrirai encore des mails à une liste d’abonnés qui n’a cessé de grandir, pour dépasser aujourd’hui largement le cercle des personnes que je croise dans les formations en « présentiel » comme on dit, ce qui m’oblige d’autant plus.

Cette newsletter que vous êtes en train de lire a durant toutes ces années évolué significativement. Si le fond a toujours été le même, à savoir de vous aider à devenir autonome dans votre pratique musicale, la forme a connu quant à elle de nombreux changements. Je crois avoir expérimenté à peu près toutes les fréquences possibles : de l’envoi sporadique de temps à autre jusqu’au mail quotidien en passant par des périodes de pause. Le contenu également a évolué. Si les premiers mails ressemblaient plus à du support suite aux formations et répondaient donc à des difficultés rencontrées par les stagiaires, sont également arrivés par la suite des dossiers thématiques, des enquêtes ou des tutoriels détaillés, toujours au sujet du logiciel MuseScore.

Que vous soyez inscrit(e) depuis les débuts ou nouvellement arrivé(e) dans cette liste de diffusion, je profite donc des 10 ans de cette newsletter pour vous remercier très sincèrement toutes et tous de votre fidélité. Merci pour les échanges et les rencontres que cela engendre, et pour tout ce que vous m’apportez, vous-aussi. Si cette newsletter vient de dépasser les 10 ans d’existence, c’est aussi grâce à ses lectrices et lecteurs. Alors M E R C I.

En 2016, MuseScore était un projet encore géré par ses trois fondateurs historiques, à savoir Werner Schweer, Thomas Bonte et Nicolas Froment, épaulés par une communauté solide et engagée ; et tous motivés par le partage musical et une certaine idée d’un bien commun culturel. Aujourd’hui le projet a beaucoup évolué et c’est bien normal. La direction prise ces dernières années place le logiciel désormais appelé MuseScore Studio au cœur d’un écosystème qui n’a plus rien à voir avec celui des débuts. Celui-ci n’étant plus aligné avec les valeurs qui me sont chères, j’ai décidé en 2018 de ne plus contribuer directement au projet comme par le passé. Ceci aurait pu sonner le glas de cette liste de diffusion. Il n’en a rien été et je constate même qu’aujourd’hui la liste Hack(ing muse)Score est plus que jamais nécessaire à de plus en plus de personnes qui trouvent dans ces messages des repères, des analyses objectives et un accompagnement qui leur permet de pratiquer librement la musique qu’elles souhaitent. Et je reste intimement convaincu que MuseScore Studio est l’outil ultime et universel qui permet de fabriquer ce qui autorisera le partage et la transmission de la musique, à savoir la partition.

Pour autant, l’écosystème qui gravite autour de MuseScore se complexifie et se monétise de jour en jour. C’est pourquoi c’est infolettre continue inlassablement éclairages et solutions alternatives à ce qui devient peu à peu un GAFAM de la musique sous l’impulsion de Muse Group.

Alors, qui sait ce que nous ferons dans 10 ans ? Dans le doute, continuons à créer, écrire, composer, adapter et partager la musique : chanter, jouer, déclamer, danser… pour que chacun puisse s’épanouir mais aussi puisse faire société, ensemble.

Visuel d'une annone de stage en 2013
Annonce de l’un des premiers stages de formation en novembre 2013 sur le forum officiel de MuseScore (source : https://musescore.org/fr/node/23526)

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Nouveau format sur la chaine YouTube : Minute MuseScore

Vous avez parfois une question très précise dans MuseScore :

  • « Comment faire un tremolo ? »
  • « Où est passé le panneau Propriétés ? »
  • « Pourquoi ma partition fait-elle ça ? »

Et pour trouver la réponse, il faut souvent chercher dans un long tutoriel, regarder plusieurs minutes de vidéo… alors que la manipulation elle-même ne prend que quelques secondes. C’est justement pour répondre à ce besoin que je lance « Minute MuseScore ».

Une question, une manipulation, 60 secondes maximum !

Le principe est simple : chaque épisode répond à une question précise, avec une démonstration courte et directement exploitable. On va directement à l’essentiel : la question → la manipulation → le résultat.

L’objectif n’est donc pas de remplacer les tutoriels plus complets de la chaîne qui eux proposent de s’immerger dans un processus plus global, d’être exhaustif sur un sujet donné ou bien de prendre le temps de percevoir « l’esprit » de la démarche. Au contraire, « Minute MuseScore » vient les compléter : pour une petite difficulté ponctuelle, vous n’avez pas besoin de regarder un cours entier.

Deux rendez-vous par semaine
À partir de maintenant, retrouvez « Minute MuseScore » tous les lundis et jeudis sur la chaine YouTube. Deux petites astuces par semaine, faciles à regarder, faciles à retenir et surtout faciles à retrouver lorsque vous aurez à nouveau besoin de cette manipulation : il vous suffira de faire une recherche dans la playlist.

Alors, si vous avez une question ou une petite difficulté avec MuseScore, elle pourrait bien devenir le sujet d’une prochaine Minute MuseScore ! Il vous suffit juste de continuer à me poser vos questions en commentaires, même les plus basiques ou celles qui vous paraissent les plus « bêtes », car il n’y a pas de question bête.

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Session d’été : prochaine mission décalée au jeudi 13 août (Le site musescore.com)

Pour rappel, la session d’été est en cours. Cela consiste en 4 missions = visioconférences, chacune dédiée à une thématique précise que vous travaillez avec moi en direct, en petit groupe.

La prochaine mission était prévue initialement demain mercredi prochain 12 août à 20h00, sur le thème du site musescore.com et de la gestion d’un compte gratuit. Or, ce mercredi 12 août aura lieu l’éclipse solaire exceptionnelle. Cela n’est pas arrivé depuis 27 ans et ne se reproduira plus avant 55 ans. Et nous sommes nombreuses et nombreux à souhaiter l’observer. Alors notre mission se retrouve bien mal placée !

C’est pour cela que nous allons la décaler au lendemain, jeudi 13 août, toujours à la même heure de 20h00 à 22h00. Si parmi les inscrits cette nouvelle date pose problème, voyons cela ensemble pour trouver une solution.

Si vous souhaitez rejoindre cet événement, cliquez ici pour vérifier s’il reste des places : https://formann.systeme.io/e4805376.

Vous avez un compte musescore.com mais vous n’êtes pas certain de l’avoir correctement configuré ? Vous ne savez pas exactement ce que vous pouvez faire avec un compte gratuit, ni comment partager vos partitions sans mauvaise surprise ?

Pendant cette mission, nous allons construire ensemble votre environnement musescore.com, étape par étape et apprendre à exploiter gratuitement tout son potentiel.

Nous partirons d’un compte 100 % gratuit. Si vous en avez déjà un, nous vérifierons ensemble sa configuration et corrigerons ce qui doit l’être.

Nous commencerons par décrypter les différents abonnements proposés par musescore.com. Que proposent-ils réellement ? Quelles fonctionnalités nécessitent un abonnement ? Et surtout, que peut-on faire gratuitement ? L’objectif est que vous sachiez exactement ce dont vous avez besoin, et ce dont vous n’avez pas besoin, avant de souscrire éventuellement à une offre payante.

Nous verrons ensemble comment :
• relier correctement votre compte à MuseScore Studio ;
• utiliser l’onglet Publier ;
• gérer votre profil ;
• partager vos partitions ;
• comprendre les différents réglages de visibilité.

Nous ferons également le point sur la fonction Import de musescore.com :

  • Que peut-on réellement importer ?
  • Dans quels cas cette fonction est-elle utile ?
  • Quels résultats peut-on espérer ?
  • Quelles sont ses limites ?

Nous testerons ensemble les différentes possibilités afin que vous sachiez quand utiliser cette fonction et quand il vaut mieux employer une autre méthode. Nous verrons notamment l’import de PDF et de fichiers audio, ainsi que les possibilités et les limites de ces outils.

Et surtout : que peut-on publier ? Utiliser musescore.com ne consiste pas simplement à cliquer sur « Publier ». Nous prendrons donc également le temps d’aborder les bases du droit d’auteur :
• quelles partitions pouvez-vous copier ou arranger ?
• pouvez-vous les publier ?
• pouvez-vous les partager publiquement ?
• que signifie réellement « partager » une partition ?
• quels sont vos droits et vos responsabilités ?

L’objectif n’est pas de vous montrer une succession de menus, mais de construire avec vous un environnement de travail fiable et maîtrisé.

Comme pour toutes les missions Hacking MuseScore, nous faisons les manipulations ensemble. Je vous explique les pièges à éviter, je réponds à vos questions, j’audite votre compte et vos partitions et je vous accompagne jusqu’à ce que tout fonctionne correctement sur vos appareils.

À la fin de cette mission, vous saurez tirer le meilleur parti de musescore.com avec un compte gratuit, comprendre les possibilités qui vous sont réellement offertes, choisir les bonnes méthodes d’importation et partager vos partitions en toute confiance. Que ce soit pour publier vos créations, collaborer avec d’autres musiciens ou simplement diffuser une partition, vous saurez ce que vous faites, pourquoi vous le faites et quelles sont les limites à connaître.

Cette mission comprend :

  • une démonstration pas à pas ;
  • des travaux pratiques, à faire ensemble en direct ;
  • une mise en pratique immédiate sur votre compte (pré-existant ou à créer) ;
  • des questions et échanges en direct ;
  • un audit de votre compte et vos partitions au regarde du droit d’auteur ;
  • des ressources complémentaires ;
  • le replay de la séance, accessible à vie.

10 places étaient initialement disponibles. La vôtre vous attend peut-être encore ici :
https://formann.systeme.io/e4805376

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MuseScore Radio : décryptage de ce nouveau service lancé il y a quelques jours et de ce qui se cache derrière…

Une annonce pas si anodine que cela…

La semaine dernière, Muse Group a fait une publication sur ses réseaux sociaux (Instagram et YouTube, notamment), pour annoncer le lancement d’un nouveau service : « MuseScore Radio » :

« We’re launching MuseScore Radio, a 24/7 stream made entirely from music by this community, going out to 100,000+ on our YouTube channel.

Mood to aim for:Study music, late-night wind-downs, cinematic, calm, warm. The kind of thing that makes someone go looking for the score.

We’re picking the first ones now. If you’ve written your own original piece in MuseScore Studio with MuseSounds, you’re already most of the way there.

Link in bio. Send us the one you keep coming back to.

Two things to have ready:

  • Your score, published on musescore.com
  • A WAV of it in Google Drive or Dropbox, link set to public »

Si l’anglais n’est pas votre fort, voici en substance l’annonce traduite :

« Nous lançons MuseScore Radio, un stream disponible 24 h/24 et 7 j/7, composé entièrement de musiques créées par cette communauté, et diffusé auprès de plus de 100 000 personnes sur notre chaîne YouTube.

L’ambiance recherchée :Musique pour étudier, moments de détente tard le soir, ambiance cinématographique, calme et chaleureuse. Le genre de musique qui donne envie d’aller chercher la partition.

Nous sélectionnons les premières œuvres en ce moment. Si vous avez composé votre propre morceau original dans MuseScore Studio avec MuseSounds, vous avez déjà fait l’essentiel du chemin.

Lien dans la bio. Envoyez-nous celui auquel vous revenez toujours.

Deux choses à préparer :– Votre partition, publiée sur musescore.com– Un fichier WAV de votre morceau sur Google Drive ou Dropbox, avec un lien accessible au public. »

Dit comme cela, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les compositeurs qui utilisent MuseScore : vous avez écrit une œuvre originale, vous l’avez créée avec MuseScore Studio et MuseSounds, vous la publiez sur musescore.com et vous pouvez proposer votre morceau pour qu’il soit diffusé.

Mais derrière cette annonce, il y a quelque chose de beaucoup plus intéressant à observer. Car Muse Group ne semble plus vouloir faire de MuseScore uniquement un logiciel pour écrire des partitions ou un site pour les partager. On voit progressivement se construire un véritable écosystème autour de la création musicale. Et cette radio en est probablement une nouvelle pièce.

De la partition à la musique : une boucle qui se met en place
Réfléchissons au parcours proposé :
MuseScore Studio → MuseSounds → musescore.com → MuseScore Radio → YouTube

Vous écrivez votre musique dans MuseScore Studio. Vous utilisez MuseSounds pour obtenir un rendu audio. Vous publiez votre partition sur musescore.com. Muse Group peut ensuite sélectionner votre œuvre pour sa radio. Et votre musique est alors diffusée auprès d’une audience qui – et c’est là à mon avis toute la subtilité de l’opération – peut ensuite avoir envie d’aller chercher… la partition ! Vous commencez à comprendre ?

L’annonce dit d’ailleurs clairement que Muse Group recherche « le genre de musique qui donne envie d’aller chercher la partition ». Ce n’est donc pas uniquement une radio destinée à faire écouter de la musique, c’est également un moyen de faire circuler les utilisateurs entre les différents services de l’écosystème MuseScore.

Expliqué autrement : YouTube apporte de l’audience → musescore.com apporte les partitions → MuseScore Studio permet de les créer → MuseSounds permet de les faire entendre → et la radio fait le lien entre tout cela.

Pourquoi MuseSounds est important dans cette annonce ?
Autre détail intéressant : Muse Group demande que l’œuvre ait été créée dans MuseScore Studio avec MuseSounds. Cela n’est probablement pas anodin…

Depuis plusieurs années, Muse Group développe MuseSounds et cherche à améliorer de manière importante le rendu audio de MuseScore Studio. L’objectif est assez logique : si je peux écrire une œuvre orchestrale dans MuseScore et obtenir directement un rendu suffisamment convaincant pour être écouté par quelqu’un qui ne lit pas une partition, MuseScore devient beaucoup plus qu’un simple logiciel de notation : il devient également un outil de création et de maquette musicale ; et avec MuseScore Radio, cette fonction prend encore plus de valeur.

Si vous êtes compositeur et que vous n’avez pas d’orchestre, pas de studio d’enregistrement et pas forcément les moyens de faire enregistrer votre œuvre, vous pouvez malgré tout produire un fichier audio à partir de votre partition et éventuellement le proposer à la diffusion.

Et le double effet « Kiss Kool » : plus on donne de l’importance à MuseSounds, plus les utilisateurs seront attirés par les banques de son toujours plus importantes et de plus en plus monétisées, notamment à travers le petit utilitaire MuseHub dont beaucoup sous-estiment le rôle marketing.

Pour lire le dossier de décryptage entier, abonnez-vous ci-dessous.

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Nouveau format : les missions – Session d’été

Aujourd’hui, je voudrais vous annoncer une nouveauté sur Hacking MuseScore.

Depuis plusieurs années, je partage avec vous des tutoriels, des articles, des vidéos et une newsletter pour vous aider à mieux utiliser MuseScore.

Au fil du temps, j’ai également reçu beaucoup de demandes de cours particuliers. Malheureusement, je ne peux pas répondre à toutes ces demandes.

Je me suis donc demandé comment proposer un accompagnement plus direct, tout en restant accessible au plus grand nombre.

C’est de cette réflexion qu’est née l’idée des Missions Hacking MuseScore.

Le principe est simple. Pendant deux heures, nous travaillons ensemble, en visioconférence, sur un sujet très précis. Vous ne regardez pas simplement une démonstration. Vous ouvrez MuseScore sur votre ordinateur, vous réalisez les manipulations en même temps que moi, vous posez vos questions et je vous accompagne tout au long de la séance.

Chaque Mission poursuit un seul objectif. Vous venez avec un problème. Vous repartez en sachant le résoudre.

J’en profiterai également pour partager ce que j’appelle mes hacks : des astuces, des méthodes de travail que j’utilise quotidiennement avec MuseScore et que je n’ai encore jamais présentés publiquement.

Pour cette première Session d’été 2026, quatre Missions sont proposées. La première aura lieu mercredi 15 juillet de 20 h à 22 h. Son thème est probablement celui qui m’est le plus demandé :

comment transformer un PDF en une partition MuseScore entièrement éditable.

Nous verrons ensemble les différentes méthodes de conversion, leurs limites, comment corriger les erreurs les plus fréquentes et comment obtenir rapidement une partition réellement exploitable.

Les Missions sont volontairement limitées à 10 participants.

Je souhaite que chacun puisse poser ses questions, pratiquer en direct et bénéficier d’un véritable accompagnement.

Si, à l’issue de la Mission, vous n’avez pas atteint l’objectif annoncé, je vous accompagnerai jusqu’à ce que ce soit le cas.

Si ce nouveau format vous intéresse, je serais très heureux de vous retrouver mercredi soir.

Informations et inscriptions : https://formann.systeme.io/e4805376

J’espère vous retrouver très bientôt.

Bonne musique !

Première formation éco-responsable

Très heureux de lancer ma première formation éco-responsable 🌿

Demain ouvriront les inscriptions à la Bibliothèque numérique de partitions, une formation en ligne pour numériser ses partitions et les utiliser dans son quotidien de musicien.

Sa particularité ? C’est la première formation que je conçois qui intègre les enjeux de développement durable et de numérique responsable : pédagogie par éco-conception, design par sobriété numérique et approche low-tech.

Parce-qu’il est possible de se former en ligne sans gaspiller l’attention, l’énergie et les ressources !

Pédagogie par éco-conception

  • Contenus orientés action et pratique : on acquiert des savoir-faire plutôt que des connaissances
  • La juste durée : personne n’a envie de suivre 25h de formation seul(e) chez soi
  • Pas d’impression papier nécessaire

Design par sobriété numérique

  • Palettes de couleurs peu énergivores (arrière-plans sombres, lisibilité réduisant la luminosité nécessaire)
  • Nombre réduit d’éléments web (pages, animations)
  • Médias compressés
  • Infrastructure mutualisée

Approche low-tech

  • Le moins d’outils et services numériques possible
  • Le moins de ressources informatiques possible : compatibilité maximum, vieux appareils même peu puissants bienvenus

Pour en savoir plus, rejoignez la liste de diffusion : liste.mann.tf.

Ces badges attestent que votre formateur a validé la formation B.A.-BA du climat et de la biodiversité de l’État français. Vous pouvez vous-aussi vous former en cliquant ici.

Télémétrie : la partition cachée de MuseScore ?

Bonjour,

Nous sommes dans une époque où la question des données personnelles est de plus en plus présente. La prise de conscience des enjeux qui se jouent derrière l’exploitation de nos vies que l’on pense être seulement numériques mais qui sont en réalité nos vies « tout court » est une préoccupation majeure. J’ai donc eu envie de m’intéresser à cette question par rapport au logiciel que j’utilise au quotidien (et peut-être vous aussi), à savoir MuseScore Studio.

Pour les nouveaux lecteurs qui nous rejoignent avec la lettre d’aujourd’hui, sachez que celle-ci fait suite à mon précédent envoi du 10 juillet dernier dans lequel vous avez pu découvrir un billet consacré à la télémétrie et intitulé « Êtes-vous surveillés par MuseScore ?”. Vous pouvez en lire la première partie sur le blog de Hacking Musescore : https://hackingmusescore.org/etes-vous-surveilles-par-musescore/

Pour synthétiser, que disait ce billet de blog ?
On pouvait lire une histoire a priori idéale, dans laquelle le logiciel MuseScore avait toutes les vertus en matière de protection de la vie privée et d’utilisation des données personnelles. La télémétrie ne renvoyait que des informations techniques, à l’exclusion de toute information qui pouvait identifier l’utilisateur dans son profil ou dans ses habitudes. Ces reports étaient parfaitement transparents dans les informations envoyées, non intrusifs dans nos vies privées et qui plus est désactivables à tout moment, exemples de fragments de code à l’appui. Bref, que demander de mieux ?

Aujourd’hui, je vous propose de vous emmener avec moi dans une enquête au sujet des données personnelles utilisées par MuseScore, un feuilleton en plusieurs épisodes qui se nomme : « Télémétrie : la partition cachée de MuseScore ? ». Cette lettre en est l’épisode zéro.

Sous forme d’un journal de bord dont je ne sais combien de pages j’écrirai, je vais partager avec vous chaque avancée de mon projet d’analyser, comprendre, synthétiser et rendre public la manière dont Muse Group surveille (ou non d’ailleurs) les utilisateurs du logiciel MuseScore Studio.

Ce partage sera transparent : pour le meilleur comme pour le pire. Je vous partagerai les difficultés, les fausses pistes, mais également les réussites et au final je l’espère, la vérité sur la présumée surveillance dont nous faisons l’objet en rédigeant nos partitions dans MuseScore. À vrai dire, je ne sais pas trop où je vais, mais allons-y ensemble !

Pour le fond, j’estime que chaque utilisateur d’un logiciel libre à un droit à l’information. En tant qu’ancien contributeur du logiciel pendant plus de 10 ans et en tant que militant et membre de l’April, l’association pour la défense des libertés informatiques, je vais donc essayer d’en rendre compte ici, de manière rigoureuse, intègre et indépendante.

Ce « journal de bord » ne sera partagé qu’avec les lectrices et lecteurs de la lettre d’information Hacking MuseScore. Si vous n’êtes pas encore inscrit(e), cliquez ici : https://liste.mann.tf pour ne rien rater de cette enquête.